L'alerte verte d'INTERPOL

L'alerte verte d'INTERPOL : ce qu'elle signifie et comment protéger votre réputation

Qu'est-ce qu'une alerte verte ?

Une notice verte INTERPOL est une notice préventive qui signale aux services de police des 196 pays membres des individus susceptibles de constituer une menace pour la sécurité publique. Contrairement à une notice rouge, qui vise à obtenir une arrestation en vue d'une extradition, une alerte verte n'est pas un mandat d'arrêt ; elle est utilisée pour partager des informations de police sur des individus ayant un casier judiciaire et les empêcher de récidiver[1]. Il s'agit d'une mesure de coopération internationale qui repose sur des évaluations réalisées par des autorités nationales ou des entités internationales et sur des condamnations antérieures ou des informations crédibles.

Conséquences pour les hommes d'affaires et les personnalités influentes

Bien que ces notifications ne soient pas publiques, leur existence peut avoir de graves conséquences pour les entrepreneurs du secteur financier, les industriels et les membres de familles fortunées :

  • Restrictions en matière de voyages et d'affaires. Les alertes vertes entraînent une surveillance accrue aux frontières et dans les aéroports ; les autorités chargées des migrations peuvent retarder les voyages, ce qui rend les réunions et les projets internationaux plus difficiles. Elles peuvent également avoir une incidence sur l'obtention de visas ou de permis d'entrée.
  • Atteinte à la réputation. Si l'existence de l'alerte est rapportée à la presse ou à des organismes financiers, elle peut nuire à la réputation et à la confiance des partenaires et des clients. Même si elle n'est pas rendue publique, la diffusion mondiale d'informations négatives nuit à l'image de la personne concernée.
  • Impact sur les droits et la vie privée. L'alerte implique que les informations personnelles et les casiers judiciaires sont partagés entre les services répressifs du monde entier. Cela peut influencer des décisions administratives (refus de visas ou de produits financiers) et conduire à des détentions pour vérification, limitant ainsi la liberté de mouvement et d'entreprise.

Critères juridiques pour l'émission d'une alerte verte

L'article 89 du Règlement d'INTERPOL sur le traitement des données (DPO) stipule que des alertes vertes peuvent être émises pour signaler les activités criminelles d'une personne lorsqu'elle représente une menace permanente pour la sécurité publique. Selon la Commission de contrôle des fichiers d'INTERPOL (CCF), les données doivent répondre à trois exigences :

  1. Objectif clair et licite. Les données ne peuvent être traitées qu'à des fins répressives spécifiques ; elles doivent être pertinentes et non excessives.
  2. Base objective. L'alerte doit être fondée sur des jugements antérieurs ou sur une évaluation raisonnable de la menace par les autorités nationales.
  3. Respect de la législation du pays demandeur. Le CCF rappelle que les signalements doivent être conformes à la législation nationale du pays émetteur ; si le bureau national ne confirme pas la légalité du signalement dans le délai imparti, la notification peut être supprimée.

Ces garanties sont destinées à prévenir les abus. Dans une décision récente, elle a maintenu une alerte verte parce que le demandeur avait fait l'objet de condamnations multiples et était toujours considéré comme un risque pour la sécurité, bien que sa dernière infraction remonte à 2015. La commission a conclu que le signalement était proportionné et que l'intérêt public l'emportait sur les restrictions au droit de voyager.

Une alerte verte peut-elle être contestée ?

Bien que plus difficiles à contester que les alertes rouges, les alertes vertes peuvent faire l'objet d'un recours auprès de la Commission de contrôle des fichiers (CCF). Les statistiques récentes montrent que les recours ont de bonnes chances de succès : la CCF a constaté qu'environ 50,8 % des notices examinées étaient contraires aux règles d'INTERPOL. Ce taux d'invalidité montre que de nombreuses notices sont émises sans répondre aux exigences légales et qu'il existe une réelle possibilité d'annulation.

En outre, le nombre de demandes de réexamen a augmenté de plus de 2000% au cours des 20 dernières années. Cette croissance reflète l'augmentation des plaintes pour abus et démontre que les gens utilisent de plus en plus le mécanisme de réexamen pour défendre leurs droits.

Facteurs de réussite des défis

Les avocats des clients devant le CCF savent que l'essentiel n'est pas le temps écoulé mais l'absence de finalité et de légalité. Selon la jurisprudence de 2024-2025 :

  • Les demandes fondées uniquement sur l'ancienneté ou l'impact sur les droits fondamentaux sont souvent rejetées si les antécédents incriminés persistent.
  • Il est essentiel de démontrer que l'avis ne remplit plus une fonction répressive valable ou qu'il a été émis sans base légale. Le CCF demande à l'office national de confirmer la conformité de l'alerte avec sa réglementation nationale ; s'il ne le fait pas, l'avis doit être supprimé.

Procédure de demande de suppression d'une alerte verte

La procédure est initiée par une demande formelle soumise par la personne affectée ou son avocat au CCF. Elle doit comprendre des documents prouvant l'identité, une explication détaillée de l'affaire, les motifs de la contestation et des preuves concrètes de l'irrégularité ou de la disproportion de la notification. La procédure simplifiée suit les étapes suivantes :

  1. Admissibilité. Le CCF vérifie que la demande contient toutes les informations nécessaires et qu'elle relève de sa compétence. Si des informations sont manquantes, une correction est demandée.
  2. Examen des données. Vérifiez si le signalement est toujours valable. S'il a été retiré, le demandeur en est informé. Dans le cas contraire, un dossier est ouvert et les données enregistrées sont analysées.
  3. Demande de rapports. La CCF demande des informations complémentaires au Bureau central national qui a publié la notice et au requérant afin d'évaluer la conformité avec le règlement d'INTERPOL. La pertinence et la proportionnalité des données sont examinées et vérifiées à des fins politiques, militaires, religieuses ou raciales.
  4. Décision. Après délibération, le CCF peut ordonner la suppression de l'alerte verte s'il conclut que les données sont injustifiées, obsolètes ou illégales. Dans le cas contraire, il maintient la notification. La décision est communiquée par écrit au demandeur et à l'Office central national.
  5. Examen interne. S'il existe de nouveaux faits ou éléments de preuve pertinents, la personne concernée peut demander un réexamen de la décision dans un délai de six mois.

Exemples de cas

  • Radiation. Un homme d'affaires possédant la double nationalité espagnole et mexicaine était confronté à des retards à chacun de ses déplacements en raison d'une alerte verte fondée sur un délit pour lequel il n'avait jamais été condamné. Ses avocats ont démontré que son casier judiciaire avait été effacé et que l'avis n'avait aucune base légale. Après avoir soumis des documents au CCF, le signalement a été supprimé et il a retrouvé sa liberté de circulation.
  • Ancienne condamnation et principe de proportionnalité. Un banquier vénézuélien a fait l'objet d'une alerte verte pour une condamnation de plus de 15 ans. Ses défenseurs ont fait valoir que le maintien de cette alerte était disproportionné, étant donné qu'il s'était pleinement réintégré dans la société et ne présentait plus de risque. La CCF lui a donné raison et a ordonné l'annulation de l'alerte.

Ces exemples montrent qu'il est possible d'obtenir une radiation lorsque l'avis s'avère obsolète ou disproportionné, en particulier dans les cas où le casier a été effacé ou lorsque la personne a mené une vie irréprochable pendant des années.

Conclusion

Les alertes vertes peuvent gravement nuire à la réputation et aux affaires des entrepreneurs, des professionnels du secteur financier et des familles fortunées. Cependant, des mécanismes juridiques existent pour se défendre et restaurer sa bonne image.

Si vous soupçonnez que vous faites l'objet d'une notification ou si vous souhaitez une stratégie préventive pour éviter les abus, contactez-nous dès aujourd'hui. Notre équipe de VENFORT ABOGADOS vous conseillera en toute confidentialité et se battra pour vos droits, en tirant parti de notre vaste expérience et de nos taux de réussite élevés en matière de suppression des signalements d'INTERPOL.

Source : INTERPOL : Les notices d'INTERPOL, codées par couleur, permettent aux pays de diffuser des alertes et de demander des informations dans le monde entier.