Dans les actualités, les programmes audiovisuels et même dans les conversations entre personnes, le terme crimes contre l'humanité est souvent utilisé, sans que l'on sache clairement quels sont les délits identifiés sous cette appellation et leurs différences avec d'autres types de faits punissables également d'une gravité notoire.
Comment identifier un crime contre l'humanité
Selon ce qui est établi à l'article sept du Statut de Rome, les crimes contre l'humanité ont une particularité, car pour qu'ils soient ainsi définis, ils doivent être commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre une population civile en connaissance de cette attaque. Entrent dans cette catégorie : les meurtres, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation ou le transfert forcé de populations, l'emprisonnement ou d'autres formes graves de privation de liberté en violation des dispositions fondamentales du droit international, la torture, le viol, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée, ou tout autre acte de violence sexuelle de gravité comparable.
De même, elle englobe la persécution d'un groupe ou d'un collectif ayant sa propre identité pour des raisons politiques, raciales, ethniques, culturelles, religieuses ou de genre ; ainsi que la commission de crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale, tels que la disparition forcée de personnes, le crime d'apartheid, et d'autres actes inhumains de caractère similaire qui causent intentionnellement des souffrances ou portent gravement atteinte à l'intégrité physique ou mentale d'un groupe de personnes.
Attaques contre la population civile et extermination
Le Statut délimite également la notion d«» attaque dirigée contre une population civile », la considérant comme un ensemble d'actes comportant la commission répétée de l'un quelconque des crimes visés ci-dessus conformément à la politique d'un État ou d'une organisation.
Pour sa part, la catégorie « extermination » englobe l'imposition forcée de conditions de vie attentatoires à l'intégrité et visant à détruire un groupe de personnes, telles que la privation de nourriture ou de médicaments ; tandis que « esclavage » fait référence à l'exercice des attributs du droit de propriété sur une personne ou un groupe de personnes et peut impliquer leur trafic.
La «déportation ou le transfert forcé d'une population» désigne le déplacement forcé des personnes concernées hors du lieu où elles sont légitimement présentes et en l'absence de toute disposition légale en droit international.
Sur la torture
En ce qui concerne la définition de « torture », elle ne sera prise en compte que dans les cas où le fait d'infliger intentionnellement une douleur ou une souffrance physique ou mentale d'une gravité considérable à une personne se trouvant sous la garde ou le contrôle d'une autre personne. Par « persécution », il faut entendre la privation de droits fondamentaux garantis par le droit international, et par « disparition forcée de personnes », il faudra faire référence à l'arrestation, la détention ou l'enlèvement de personnes par l'État ou des organisations politiques sans donner d'informations sur leur localisation ou leurs conditions de vie, avec l'intention de les soustraire à la protection de la loi pour une période donnée.
En ce qui concerne la catégorie de « grossesse forcée », elle englobe tout enfermement illicite d'une femme qui a été mise enceinte sans son consentement, dans l'intention de modifier la composition ethnique d'une population, portant sans aucun doute atteinte aux normes du droit interne liées à l'état de grossesse.
Crimes de guerre, un autre type de délit
Le Statut de Rome applique également des sanctions contre les crimes de guerre. Contrairement aux crimes contre l'humanité, qui s'attaquent systématiquement à un groupe de population dans l'intention de détruire ses conditions de vie, les crimes de guerre sont commis notamment dans le cadre d'un plan politique.
Parmi les principaux délits associés à cette catégorie, on trouve :
- Homicide intentionnel.
- Torture ou traitements inhumains, y compris des expériences biologiques.
- Causer de graves souffrances ou porter gravement atteinte à l'intégrité physique et mentale.
- Destruction et appropriation illicite de biens à des fins militaires.
- Forcer des prisonniers à servir les forces adverses.
- Priver délibérément un prisonnier de guerre de son droit à un procès légitime et impartial.
- Expulsion ou transfert illégal.
- Prise d'otages.
Sources consultées :










